Mercredi j'accompagnais mon fils qui
veut entrer chez les Compagnons du devoir, ce n'est pas encore fait
car la sélection s'appuie sur une série d'entretien et un dossiers
d'entrée solide, mais sans tracer des plans sur la comète et sans
préjuger du fait qu'il sera ou non admis. Ce fut une expérience
enrichissante certainement pour les jeunes et aussi pour les parents
présents qui ont, eux aussi, des oreilles et, personnellement j'en
ai deux !
Alors j'ai écouté et j'ai aimé ce que j'ai entendu.
Le compagnon qui nous accueillait a
abordé un sujet de société très actuel...
Il a commencé par parler des règles
communes qui sont acceptées par tous, et des valeurs qui sont
explicites et implicites communes à tous les compagnons du métier
que les jeunes vont découvrir.
Et il y a un apprentissage à faire
c'est l'acceptation de la différence !
Il a pris un exemple que je vais
reprendre ici car j'ai beaucoup aimé. Il a demandé aux jeunes :
"Quand vous êtes chez vous, à un
moment vous entrer dans une zone qui vous est propre, peut-être
votre chambre ?"
Et les jeunes ont tous dit "oui"...
"Et là", a-t-il poursuivit,
"peut-être vous vous connectez-vous sur internet et chattez
vous ?"
Les parents ont souri et les jeunes ont
dit "OUI"
Alors il leur a posé la question
suivante : " Et que faites-vous si un de vos correspondants,
n'est pas d'accord avec vous ? Ou vous insulte ?"
Réponse des jeunes : "On le coupe
! On le bannit"
"Et bien" a-t-il continué,
"Si vous étiez dans la même chambre ? Que feriez-vous si la
règle est en plus pas de coup de poings et pas de possibilité de
partir ailleurs ?"
Silence des jeunes qui ne riaient
plus...
"Voilà pourquoi il est nécessaire d'apprendre à accepter l'autre dans sa différence ! C'est le premier apprentissage du tour de France !"
Personnellement je me suis aperçu que notre société de zapping, était loin de ce concept : "Accepter celui qui diffère de moi"
Bien entendu, il est nécessaire d'avoir établi d'abord que nous avons des valeurs communes et des règles communes et ensuite ? Ensuite ne pas les oublier !
Sur le Camino (chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle... Que faire quand un périgrino (Pélérin) ronfle ?
- Le virer comme un malpropre ? Dehors sous la pluie ou dans le froid ? Vous y pensez-vous ?
- Mettre des boules "quiès" ou autre ?
Et pourtant j'en ai vu des cheminants qui viraient les autres ….
Dans une association loi de 1901...
Quand le président pourtant élus par les autres est critiqué en
permanence par certains et qu'au lieu de chercher à rassembler tous
les membres qui pourtant l'ont élus, veut exclure les critiques
parce que ce sont des critiques....
Qui oublie sa place ? Qui oublie l'accueil de l'autre ? Qui a tord ?
La question n'est pas là !
La question est : "Qu'allons-nous faire pour pouvoir continuer à cheminer ensemble sur le chemin de la vie ?"
Où sommes-nous ?
Dans une entreprise ? Alors qu'allons
nous faire si nous ne sommes pas d'accord avec nos collègues ? Les
zapper ?
J'entends des fois des phrases comme : "Et ceux qui ne sont pas contents, n'ont qu'à partir !"
Et si tout le monde s'en va alors ? Comment la société va-t-elle perdurer ? Et l'intérêt du client ? Qu'en fait-on ?
Et qui est le client ? Dans notre vie associative ou familiale ?
Je n'ai pas de réponse toute faite et je reste avec cette question : "Comment être le centre de l'union autour duquel tourne notre monde ?"
Sans ce lien... Notre monde désuni par en morceaux...
Vaste programme hein ?
J'aimerai terminer en citer Saint-Exupéry, au moins dans l'esprit :
"Loin de me léser, ta différence m'enrichit, mon frère"
Bien à vous
Pierre




